Le livre, un outil de liberté ?

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mardi 8 mai 2018

La tentation du présent de Patrick F.Cavenair




















Éditeur : Marivole
Parution : 05/04/2018
Nombre de pages : 384
Genre : littérature française

L'auteur :



Parisien d'origine, auteur de romans, Patrick F. Cavenair se passionne pour les différentes formes du pouvoir : politique, économique et spirituel. Parallèlement à une carrière de journaliste et de consultant, il a parcouru les lieux les plus mystérieux de France en tentant de comprendre leur symbolique, sociales, historique et esthétique. Son premier roman "Fusion froide" est sorti en 2012 aux éditions de l'Aube.

Quatrième de couverture :

Mai 1968, alors que les premiers élans révolutionnaires échauffent le quartier Latin, Armand, jeune fonctionnaire, réchappe mystérieusement d'une tentative de suicide. Un vieil homme lui redonne goût à la vie, et lui offre la possibilité de rejouer autant qu'il le veut chaque nouvelle journée. Armand comprend qu'il peut ainsi influencer la vie des autres et même l'Histoire, au cours de la période particulièrement tumultueuse de mai 1968 ; jusqu'à une certaine limite qu'il ne tarde pas à franchir. Armand se reconstruit, et découvre le passé ombrageux de sa famille, la France étudiante et l'amour.

Mon avis :

« L'air libre. Le temps libre. La vie libre. » Nous sommes en mai 1968 et un vent d'insolence et de révolte souffle sur une France qui a soif de liberté. Armand, un jeune scientifique qui a décroché un poste d'assistant au Palais de la découverte, est loin d'éprouver le même emportement et l'euphorie débordante des jeunes gens de son âge. Grandi trop vite et déjà désabusé par la vie suite à une succession d'événements dramatiques, ce dernier tente de mettre fin à ses jours en se jetant sous une rame de métro. Heureusement, la mort ne veut pas de lui et la vie va lui accorder une seconde chance par l'intermédiaire d'un mystérieux vieillard qui lui offre la possibilité de pouvoir revivre les dernières 24 heures écoulées, autant de fois qu'il le souhaite ! Un don privilégié qui va donner l'occasion à Armand de se réconcilier avec lui-même, reprendre goût à la vie, se rapprocher des siens et même se découvrir des aptitudes insoupçonnées. En bouleversant son quotidien bien rôdé et en pimentant son existence d'une pointe d'audace, le jeune homme va vivre une véritable révolution intérieure, allant jusqu'à rallier le cortège des étudiants contestataires. D'agitations en affrontements, d'amours en déchirures, il va découvrir un univers aussi détonnant que tragique et féerique, transformant la trame de son destin à jamais ...

Dans la lignée du roman "Replay" de Ken Grimwood ou du film d'Harold Ramis "Un jour sans fin", l'auteur nous entraîne dans un récit fantastique mêlant mystère, histoire et romance. Ce roman de  Patrick F. Cavenair nous transporte au cœur du soulèvement populaire qui secoua la France en mai 1968. Mélangeant habilement faits réels et fiction, l'auteur nous invite à revivre les événements les plus marquants de l'époque. Barricades, pavés et cocktails Molotov contre matraques et gaz lacrymogènes, ce récit nous relate les terribles affrontements qui opposèrent les étudiants aux forces de l'ordre dans cette période troublée qui précéda la fin des trente glorieuses.
Ce roman à l'intrigue aussi atypique que bien menée vous tend les bras si vous aimez les récits fantastiques mâtinés d'histoire !



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dimanche 6 mai 2018

Le géant de Michel Lebrun




















Éditeur : French pulp éditions
Parution : 23/11/2016
Nombre de pages : 476
Genre : policier

L'auteur : 















Né à Paris, Michel Lebrun (1930-1996), de son vrai nom Michel Cade, est un critique littéraire, scénariste, traducteur et auteur de romans policiers. La centaine de romans qu'il a publiés ont reçu des multiples prix et lui ont valu le surnom de "Pape du Polar", ainsi qu'un prix à son nom qui récompense chaque année le meilleur polar francophone : le Prix Michel Lebrun.

Quatrième de couverture : 

Véritable citadelle plantée au cœur de la banlieue, le Géant est un supermarché modèle. Son directeur, Jean Montescourt, se prend pour un capitaine de paquebot et le chef de la sécurité, Spada, joue facilement les justiciers sadiques. L'ordre règne à bord. Jusqu'au jour où Pierre, une jolie fille au prénom d'homme, part à l'assaut du bâtiment avec son gang de mauvais garçons, où l'équipage entre en mutinerie, où la panique se transforme en naufrage... Et c'est au moment où les rats quitteront le navire que l'on pourra dénombrer les victimes du Géant. Après Autoroute, superbe roman-catastrophe, Michel Lebrun nous entraîne dans une formidable course-poursuite et nous fait découvrir les coulisses des grandes surfaces. On trouve tout au Géant, même son destin.

Mon avis :

« Dans cette ville qu'est le Géant où règne perpétuellement une sourde agitation, que domine une incessante frénésie de vente et d'achat, où la convoitise trouve à chaque instant son assouvissement, où l'acte de regarder un objet, de le palper, de le saisir, prend valeur valeur de possession érotique, le temps s'est arrêté, l'espace d'un clignement d’œil, d'un battement de cœur. »

Années 1970, région parisienne. Bye bye les petits commerces de proximité et vive le "Géant", un immense temple dédié à la consommation où l'on vous promet de pallier à tous vos besoins et de satisfaire chacune de vos envies, même les plus folles. Alimentation, vêtements, outillage, produits de beauté, électroménager, loisirs, papeterie... Demandez et vous aurez. Une vraie révolution ! Dans cette ruche bourdonnante d'activité plongée en permanence dans la lumière artificielle, tout est pensé pour pousser l'acheteur à consommer plus. Promotions, publicités, animateurs-démonstrateurs cernent de toutes parts le client. On avait besoin de pain et on repart avec un aspirateur ; on souhaitait simplement acheter un paquet de bonbons et on quitte le magasin avec le vélo convoité par sa progéniture. 
Le monarque de ce palais de la consommation se nomme Jean Montescourt. Obséquieux avec la clientèle et redoutable avec le petit personnel, ce dernier n'est au service que d'un seul maître, son magasin bien-aimé. Le roi Jean va pourtant déchanter. Il suffit parfois d'un grain de sable pour enrayer une mécanique bien huilée...

Pamphlet contre la société de consommation, ce polar social nous plonge dans les entrailles d'un hypermarché. Méthodes de vente parfois peu scrupuleuses, grèves du personnel revendiquant de meilleurs salaires et conditions de travail, chasse aux voleurs... tout est passé à la moulinette avec une ironie mordante. Bien qu'écrit dans les années 1970, ce roman n'a pas pris une ride. Visionnaire, l'auteur imagine un futur où l'on demanderait une grande polyvalence aux caissières, comme c'est le cas actuellement dans les enseignes discount : « Une caissière à son tiroir-caisse dans l'attente de ses clients, c'est un gaspillage de temps et une rémunération inutile. [...] On pourra et on devra, lorsqu'un creux se fera sentir, les utiliser dans le magasin à d'autres tâches : étiquetage, réapprovisionnement, nettoyage, marquage, voire décoration, animation et pourquoi pas contrôle divers. Les responsables d'entreprises qui sauront faire admettre ce progrès en tireront le profit maximum... »
Après avoir lu ce récit incisif du "Pape du Polar", aussi cruel qu’hilarant, vous envisagerez certainement l'univers de la grande distribution d'un autre œil ! 



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mardi 1 mai 2018

Tu me vertiges de Florence M.-Forsythe




















Éditeur : Le Passeur
Parution : 05/04/2018
Nombre de pages : 435
Genre : biographie romancée

L'auteure :




















Florence M.-Forsythe est metteur en scène, comédienne, productrice de diverses émissions pour France Culture, et directrice du festival des Voyages intérieurs. Elle a bien connu Maria Casarès. Elle est notamment l'auteur de Maria Casarès, une actrice de rupture (2013) et de Jacques Lacarrière, passeur pour notre temps (2015).

Quatrième de couverture : 


En 1944, Maria Casarès et Albert Camus se croisent à une soirée chez les Leiris. Elle est Espagnole, ardente et comédienne en vue ; il a récemment publié son roman L'Etranger, fréquente Sartre et Beauvoir à Saint-Germain-des-Prés, haut lieu de l'intelligentsia parisienne éprise d'existentialisme. Tous deux sont des exilés unis par la passion du théâtre et par l'Espagne, la "seconde patrie" de Camus. Très vite, ils deviennent amants. Nous sommes le 6 juin 1944, la nuit du Débarquement. Ils vivent leur relation incandescente et secrète dans les rues de Paris, les théâtres et les clubs de jazz. Mais la guerre se termine et l'épouse de Camus le rejoint à Paris. Maria décide de rompre. Deux ans plus tard, leur histoire reprend, traversée de tempêtes et d'accalmies. Ces deux séducteurs connaîtront d'autres aventures, mais leur amour les surpassera toutes tant il est exceptionnel. Pour Camus, Casarès est "l'Unique" ; et lui restera, par-delà la mort, le plus grand amour de sa vie.

Mon avis : 


« Ils marchent plein d'étoiles dans les yeux. Des passants se retournent. Maria et Albert ont quelque chose que les autres sentent sans l'expliquer. Ils sont beaux. Simplement. Pas d'une beauté factice, mais de celle qui irradie sans que l'on sache vraiment pourquoi. Une façon de se mouvoir, un port de tête droit et franc ; le corps libéré, le visage offert, ils sont heureux... »

Ils sont jeunes, beaux et talentueux. Elle c'est Maria Casarès, une belle actrice aux yeux d’émeraude qui commence à se faire un nom dans le monde du spectacle et qui a du fuir l'Espagne en raison de la dictature franquiste. Lui c'est Albert Camus, un jeune écrivain et journaliste militant qui a du quitter à regrets son Algérie natale suite à l'interdiction du journal " Alger républicain" dont il était le rédacteur en chef. Un soir de mars 1944, les deux jeune gens vont se croiser lors d'une soirée organisée au domicile de l'écrivain et ethnologue Michel Leiris. C'est le coup de foudre réciproque entre Albert et Maria qui entament une liaison, bien que ce dernier soit marié à Francine, restée en Algérie. Les deux amants vivront leur passion jusqu'au tragique accident de voiture qui mettra fin à la vie de l'écrivain en 1960. Cette biographie romancée relate les relations tumultueuses et parfois orageuses de ces deux êtres farouchement épris de vérité, de justice et de liberté, qui auront vainement essayé de faire un choix entre raison et passion...

Traversant le Paris occupé, la liesse de la libération et le Saint-Germain-des-Près festif d'après guerre, les amours de ces deux personnalités marquantes du 20ème siècle nous sont narrées sous la plume d'une amie intime de Maria Casarès. Avec une pointe d'humour et beaucoup de tendresse, l'auteure nous livre un récit pétillant et virevoltant qui nous invite dans les coulisses de la résistance sur les pas d'un Albert Camus engagé, sur la scène des salles de théâtre qui faisaient vibrer le Tout-Paris dans les années 1940 et 50 ou encore dans les folles soirées privées des personnalités des arts et des lettres de l'époque telles que Picasso, Claude Simon, Hemingway, Braque, Henri Michaud, Boris Vian, Mouloudji, de Beauvoir et Sartre... 
Enivrant et passionné "Tu me vertiges" est un récit pétillant comme une bulle de champagne !


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samedi 28 avril 2018

La disparition de Stéphanie Mailer de Joël Dicker




















Éditeur : De Fallois
Parution : 07/03/2018
Nombre de pages : 637
Genre : littérature suisse

L'auteur :














Né à Genève en 1985, Joël Dicker est juriste de formation. En 2010, il reçoit le Prix des écrivains Genevois pour son premier roman "Les Derniers Jours de nos pères. "La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert" a obtenu le Grand Prix du Roman de l'Académie française et le Prix Goncourt des Lycéens en 2012. Joël Dicker a également publié "Le livre des Baltimore" en 2015.

Quatrième de couverture :


30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.
Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses.

Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer?

Qu’a-t-elle découvert?

Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Mon avis :

« La réponse était juste sous vos yeux. Vous ne l’avez simplement pas vue.» Le soir où le capitaine de police Jesse Rosenberg organise une petite réception pour fêter dignement son départ, Stephanie Mailer, une journaliste nouvellement recrutée pour alimenter la feuille de choux locale, lui assène qu'elle a la preuve qu'il s'est trompé de coupable concernant un quadruple meurtre survenu vingt ans plus tôt dans la petite ville côtière d'Orphea, en 1994. Curieusement, la jeune femme disparaît quelques jours après, laissant le policier dans le désarroi. Et si l'enquêteur loué par ses pairs pour avoir résolu 100% de ses enquêtes s'était réellement trompé sur l'identité du meurtrier ? Bien décidé à faire la lumière sur la disparition de Stephanie Mailer et découvrir cette fameuse preuve qui remet tout en question, Jesse Rosenberg accompagné de son équipier de l'époque décide de relancer l'enquête clôturée, malgré le vif mécontentement de ses supérieurs. Les policiers ne seront pas au bout de leurs surprises et cette intrigante affaire va s'avérer bien plus complexe, périlleuse et meurtrière qu'ils n'auraient pu l'imaginer... 

Reprenant les ficelles qui ont fait le succès de son excellent second roman "La vérité sur Harry Quebert"Joël Dicker nous livre un récit gigogne à l'intrigue touffue et truffée de rebondissements que j'ai lu sans déplaisir, mais qui m'a laissée un peu sur ma faim en raison d'une impression de "déjà lu" :  la ville d'Orphea qui remplace Aurora, un crime sordide commis des années plus tôt qui se voit résolu, l'impact des médias, la gloire éphémère... 
Quand à dire à quel registre littéraire appartiennent les écrits de Joël Dicker et sur lequel les avis divergent (le beau gosse de la littérature réfutant tout appartenance au sous-genre du roman que serait le polar), s'il me fallait trancher je dirais que j'ai lu un roman policier d'excellente facture, même si pour ce dernier, les qualités littéraires du texte n'ont pas su m'éblouir autant que la dentition éclatante de l'auteur !
Ceci dit, ce n'est que mon humble avis. Les goûts et les couleurs ...



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dimanche 15 avril 2018

Rendez-vous à Orcival de Simone Chanet-Munsch



















Éditeur : Editions Charoumu
Parution : 07/11/2014
Nombre de pages : 424
Genre : roman à suspense

L'auteure :

Simone Chanet-Munsch est née en juin 1946 à Chamalières. Elle a fait la plus grande partie de ses études à Clermont-Ferrand au lycée Jeanne d’Arc avant de devenir professeur de mathématiques. Elle a enseigné pendant huit ans au lycée Simone Weil du Puy en Velay puis durant vingt-trois ans à Marseille. Après trente et un ans passés en Provence, essentiellement à Aubagne, Simone Chanet-Munsch revient en Auvergne. Elle est installée à Chamalières depuis septembre 2009. Elle est aussi l'auteur de "Le défi à d'Osiris" (2010), "La forteresse de désert" (2010), "Deux âmes en détresse (2011), L'orphelin du lac" (2012), " Huit clos au manoir des soupirs" (2015) et de la trilogie la "Fédération de Planètes Solidaires", tous parus aux éditions Charoumu.

Quatrième de couverture : 

"Un billet de train pour La Miouze-Rochefort, l'adresse d'une pension de famille à Orcival... C'est comme si un voile se déchirait devant mes yeux : Luc, mon grand-père, est retourné dans le village de son enfance avant de mourir... Ma mère aussi est allée à Orcival après avoir récupéré l'enveloppe léguée par son père. Que lui confiait-il dans son dernier message ? Que cherchaient-ils tous deux à Orcival ? Je compare les dates. C'est probablement dans ce village que Viviane a connu mon géniteur dont j'ignore tout... Un homme marié, ou le séducteur d'un soir en quête d'un plaisir sans lendemain ? Vit-il toujours à Orcival ? Quelqu'un là-bas sait-il ce qu'il s'est passé ensuite ? A travers les papiers chiffonnés trouvés dans la doublure de son imperméable, ma mère ne me donne-t-elle pas à son tour un rendez-vous posthume au village où les destins familiaux ont basculé ?" En arrivant à Orcival deux semaines plus tard, Caroline craignait surtout de ne rien y apprendre d'important. Quant à un éventuel danger, pourquoi y en aurait-il à tenter d'élucider les mystères du passé, vingt-quatre ans après sa mère ? De fait, le danger ne se présenterait pas sous la forme où elle aurait pu l'attendre.

Mon avis :

« - Moi je pense qu'il y a un souterrain au fond du puits, ou un passage secret, une entrée de galerie dans la paroi...
- Tu imagines partout des cachettes de trésor ! C'est un peu ma faute, je n'aurais pas dû vous raconter les histoires favorites de mon grand-père.
- Mais, Monsieur, s'agit-il d'histoires vraies ou de légendes ?
- Ah, voilà une question intéressante ! »

1949. Bois des Bourelles, commune d'Orcival. Deux adolescents rêveurs, passionnés par les histoires de pirates, partent en exploration à la recherche d'un  hypothétique trésor caché aux abords d'un château  abandonné... à mille lieues de se douter du tragique destin qui les attend quelques années plus tard !
1968. Le Mont-Dore. Un homme à l'identité inconnue meurt en passant sous un train. Les enquêteurs accréditent la thèse du suicide... 
1985. Aubagne. Une jeune femme très amaigrie et en état de grossesse avancée est retrouvée inanimée dans un train de marchandises. Elle met au monde une petite fille avant de décéder des suites de son accouchement. De quel enfer sort-elle ? Que lui est-il arrivé ?
2008. Aubagne. Caroline Pinet enterre la merveilleuse grand-mère qui l'a élevée suite au décès tragique de sa mère. Un deuil éprouvant qui donne envie à la jeune femme de partir sur les traces de sa génitrice trop tôt disparue et découvrir ce qui lui est arrivé. Une quête qui va l'amener à se rendre dans un petit village auvergnat : Orcival !
Mais, n'est-il pas risqué de remuer ainsi le passé ? Caroline découvrira-t-elle enfin la vérité et en ressortira-t-elle indemne ? 

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la plume savoureuse de Simone Chanet-Munsch avec ce thriller champêtre teinté de mystère et d'aventures. Énigmatiques, attachants ou détestables, les protagonistes de ce roman baladent le lecteur dans une intrigue habilement tricotée, riche en péripéties et en retournements de situation, au cœur d'un village de caractère à la superbe basilique romane, niché dans une nature sauvage dominée par ses bois touffus et ses sentiers escarpés. De l'incontournable café du bourg (poumon du commérage local) aux chambres d'hôtes et fêtes de village, ce récit vous plongera dans l'univers typique et coloré de  rusés et imprévisibles montagnards auvergnats. 
Si vous aimez les romans à suspense se déroulant dans un cadre dépaysant et riche en verdure, "Rendez-vous à Orcival" devrait vous procurer une délectable évasion livresque !



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dimanche 8 avril 2018

Les ombres de Glozel




















Éditeur : De Borée (collection Marge noire)
Parution : 15/03/2018
Nombre de pages : 277
Genre : policier

L'auteur :




















Robert de Rosa a terminé sa carrière d'enseignant comme Conseiller pédagogique pour les arts plastiques. Parallèlement il a mené une activité artistique (peinture, gravure et surtout émaux sur cuivre) réalisant quelques commandes publiques et recevant quelques récompenses. Il a été rédacteur en chef de la revue Points de Vue Initiatiques dont il a dirigé la rédaction de 2012 à 2017. Outre des publications pédagogiques et un essai, Les Ombres de Glozel est son deuxième roman paru aux Editions De Borée.

Quatrième de couverture :

Juillet 1989. Les deux inspecteurs Des Cartes et Spinoza occupent leur temps entre les chats et le défilé du bicentenaire. Un vol a été commis dans le petit musée de Glozel : trois objets dont une tablette à écriture. Le déplacement aurait pu ressembler à une promenade touristique, d’autant qu’Émile Fradin est très volubile sur l’histoire de ses découvertes... sauf que l’on découvre dans les ruines du château de Montgilbert le cadavre nu d’une jeune fille, accompagné d’un des objets volés. L’autopsie révèle qu’elle est enceinte de quelques semaines...

Mon avis :

« Comme une inquiétude qui ne dit pas son nom et vous saisit sournoisement par derrière... L'impression que les lieux jaugeaient les visiteurs. Spinoza revit la reproduction d'un dessin de Jérôme Bosch qui ornait un de ses livres de botanique : La forêt qui entend et le champ qui voit. Il en sentit toute la vérité : des yeux dans la terre, des oreilles dans les arbres... »

Entre les fêtes du  bicentenaire de la révolution française et les congés d'été, les effectifs du commissariat de Vichy sont fortement réduits en ce mois de juillet caniculaire de l'année 1989. Quand des vestiges préhistoriques sont dérobés au musée de Glozel dans l'Allier, les bourbonnais font appel à leurs collègues clermontois pour enquêter sur ce vol. Une affaire simple qui va bientôt se corser quand on découvre le cadavre dénudé d'une jeune fille dans les ruines d'un château situé à proximité du site archéologique... ainsi que l'une des tablettes dérobées disposée en évidence à proximité du corps ! 
Diligentés pour faire la lumière sur ce crime barbare, les inspecteurs Des Cartes et Spinoza entrent en scène. Un improbable duo dont l'esprit cartésien de l'un allié aux considérations philosophiques de l'autre font de ce binôme une paire de limiers d'une redoutable efficacité. Des ressources qui seront les bienvenues pour faire la lumière sur cette ténébreuse affaire. Bientôt, les événements dramatiques vont s'enchaîner et le mystère s'épaissir au fil d'une investigation qui va donner beaucoup de fil à retordre aux deux policiers pourtant aguerris
Quel lien relie la Roumanie au site de Glozel Quels secrets bien gardés se cachent derrière les volets clos des paysans taiseux ? Le crime serait-il lié à une cérémonie païenne qui aurait dégénéré ?...

S'inspirant du controversé site de Glozel qui divisa une partie de la communauté scientifique, l'auteur nous livre un récit crédible émaillé de fausses pistes et coups de théâtre. Alliant découvertes archéologiques, rites liés à l'occultisme et aux forces invisibles de la nature et magouilles financières, ce polar ésotérique nous entraîne dans une enquête riche en rebondissements au suspense savamment dosé. De plus, les personnages attachants et l'humour omniprésent viennent pimenter ce roman à l'intrigue originale. 
Attention à ne pas pas vous laisser endormir par les charmes bucoliques de la campagne... cette dernière recelant de redoutables mystères et chausse-trappes !


Merci aux éditions De Borée

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lundi 2 avril 2018

Ring est d'Isabelle Corlier




















Éditeur : Ker éditions
Parution : 21/02/2018
Nombre de pages : 277
Genre : policier

L'auteure :




















Isabelle Corlier est née à Namur en 1977 et vit depuis plus de vingt ans à Bruxelles. Elle nourrit une tendresse particulière pour le ciel plombé, les pavés mouillés, le peuple bigarré et la langue bizarre de son pays natal. L'auteure a remporté le Prix Fintro-Écritures Noires en 2017 avec ce premier roman.

Quatrième de couverture : 

Et s'il était possible d'être à 
la fois juge et partie ?


                       Le corps d'un homme battu à mort 
                              est découvert sur une aire de parking, 
                              non loin du Ring de Bruxelles. 

                              Aubry Dabancourt, juge d'instruction, 
                              est chargé de l'enquête.

                             Une aubaine pour le magistrat 
                             qui compte bien tout faire pour que le mort 
                             emporte son secret dans la tombe.

Mon avis : 

« Pauvre con. L'insulte roulait dans sa tête et ricochait d'une image à l'autre, l'entraînant au plus profond de ses cauchemars : le reflet de la lune sur l'acier, le sang, la pluie indifférente qui nettoyait tout et sa rage qui le poussait à frapper, frapper, frapper, jusqu'à ce que ses muscles hurlent de douleur. »

Juge intègre, Aubry Dabancourt va commettre l'irréparable un soir de pluie et passer dans le camp de ces assassins qu'il s'acharne à confondre dans un souci de justice. Veuf et père d'un bébé, le magistrat jongle entre son travail et la garde de sa fille Lily. Après une journée éprouvante, le magistrat épuisé qui rentre chez lui (après un détour par la crèche pour récupérer son enfant) va croiser la route d'un automobiliste en BMW qui roule excessivement vite et manque de les percuter. Évitant de justesse la sortie de route, le juge débordant de rage rattrape le chauffard qui s'est arrêté sur une aire de stationnement, bien décidé à s'expliquer. Malheureusement, la confrontation tourne au drame et Aubry Dabancourt dopé par l'adrénaline le tue. 
Chargé de l'enquête, le magistrat doit faire la lumière sur ce dossier sanglant avec l'aide de Zakaria, jeune recrue fraîchement émoulue de l'école de police qui fait ses premières armes au Service Local d'Enquêtes et Recherches.
Qui du juge salué pour son exemplarité ou du policier inexpérimenté mais opiniâtre gagnera la partie ? Le crime parfait existe-t'il ?

Dans ce polar bruxellois dont l'assassin est identifié dès les premières pages, l’intérêt de l'intrigue réside principalement dans la partie d'échecs qui va se jouer entre les deux protagonistes principaux. Deux hommes déterminés qui vont se livrer un combat acharné, l'un pour cacher son crime et l'autre pour le résoudre. Avec maîtrise et habileté, l'auteure nous livre un récit réaliste et une réflexion intéressante sur le passage à l'acte criminel et la psychologie d'un meurtrier. Ce polar urbain aborde également en arrière plan les difficultés d'assimilation culturelle et les conflits identitaires que peuvent rencontrer des individus tiraillés entre deux cultures. Enfin, cerise sur le gâteau, les amoureux de la "Washington d’Europe" pourront se régaler de la balade dans la capitale belge et savourer les termes en patois bruxellois qui émaillent le roman. 
"Ring est" est un polar percutant où personne n'est à l'abri d'un mauvais coup à l'issue fatale !


Merci à Babelio et à Ker éditions
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