Le livre, un outil de liberté ?

Le livre, un outil de liberté ?

samedi 14 octobre 2017

Allumer le chat de Barbara Constantine




















Éditeur : Points
Parution : 26/09/2013
Nombre de pages : 258
Genre : littérature française

L'auteure : 















Barbara Constantine, romancière, céramiste et scripte – elle a travaillé avec Cédric Klapisch –, vit en région parisienne. Elle est également l'auteure de Et puis, Paulette..., Tom, Petit Tom, tout petit homme,Tom et A méli sans mélo.

Quatrième de couverture : 


Bastos, le chat philosophe et pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !

« Bonne nouvelle ! Les Deschiens ont fait un enfant à Queneau et le chat se porte bien. Allumer le chat, c’est un feu d’artifices. » Daniel Picouly

Mon avis : 

« – Passe-moi le fusil, j’vais allumer le chat ! 
Il n’a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien. 
  – Et pourquoi tu veux l’allumer, dis ?
– Quand il me regarde, j’ai l’impression qu’il se fout de ma gueule. Alors, là, j’en ai marre… Je vais lui régler son compte à ce salopard ! »


Irrévérencieux et farceur, Bastos est bien le chat de ses maîtres, Raymond et Mine, de doux dingues qui n'ont pas la langue dans leur poche. Un duo plutôt effrayant pour leur petit-fils de cinq ans qui doit cohabiter avec eux, le temps que le grand-père rebouteux vienne à bout du vilain eczéma qui bourgeonne méchamment sur le visage du gamin. Faire face aux aléas de la vie, le petit bonhomme à l'habitude. Il faut dire que ses parents se soucient de lui comme d'une guigne et que sa génitrice est loin d'être une mère-poule ! Alors pourquoi pas ces deux drôles d'oiseaux finalement ? Le petit Rémy va faire son nid et vivre des aventures aussi ébouriffantes que formatrices, côtoyant une galerie de personnages colorés, aussi tendres que vénéneux et dont la grande majorité n'ont pas la lumière à tous les étages... à par peut-être Bastos le chat ? 
Dans ce roman articulé en soixante-dix chapitres, la joyeuse ménagerie qui compose ce livre n'en fait qu'à sa tête et n'obéit qu'à ses sens, vivant au quotidien des situations ubuesques. On mange salement, on s’enivre régulièrement, on s'engueule méchamment, on meurt bêtement... mais on ne s'ennuie jamais ! On n'hésite pas à vivre un retour à la vie sauvage dans le Montana, à swinguer dans un club de jazz à Budapest ou même à déguster du ragoût de vipère !

Avec "allumer le chat", Barbara Constantine nous entraîne dans une comédie déjantée où Garfield sèmerait la zizanie chez les Bidochon. Les aventures tragi-comiques des protagonistes, aussi inventives que farfelues, m'ont fait passer un divertissant moment de lecture. Pas de frein et nul temps mort, l'intrigue file à toute vapeur vers un final jubilatoire !
Vous souhaitez vous détendre les mandibules ? Je gage que ce livre réponde à vos attentes et vous donne rapidement le sourire aux lèvres !


 

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samedi 7 octobre 2017

Semblant sortir du noir de Marie-Laure Hubert Nasser




















Éditeur : Editions Passiflore
Parution : 01/09/2017
Nombre de pages : 176
Genre : littérature française

L'auteure : 





















Née à Clermont-Ferrand, Marie-Laure Hubert Nasser est actuellement directrice de la communication de la ville de Bordeaux. Engagée dans la lutte pour le droit des femmes, elle a crée le blog Allez bordelaises
Elle est l'auteure de Spleen machine (2015) et La carapace et la tortue (2013) pour lequel elle a reçu le Prix Saint Estèphe du Château Pomys 2015,  et le Prix du roman régional du Lions Club International 2015.

Quatrième de couverture : 


Le destin ne s’accomplit jamais selon nos plus belles espérances. Il nous surprend, nous renverse parfois, nous bouleverse souvent.

Nawel ne veut pas quitter sa maison et ses parents, même si elle sait que son avenir est compromis dans son pays en guerre. Luc ne peut imaginer rompre avec sa femme alors que leur vie conjugale s’est transformée en cauchemar, il garde l’espoir d’une famille unie, comme ses parents avant lui. Georgia refuse de quitter son enfance et de prendre la route comme son père le lui a demandé. Et Mélanie rejette de toutes ses forces la célébrité, même pour permettre à l’homme de sa vie de réaliser son rêve.

Faut-il croire qu’un chemin tout tracé guide nos pas, malgré nous ?


Mon avis : 


« L'existence était un effacement permanent. Notre peine s'était allégée et l'espoir renaissait. »


Quatre nouvelles, quatre destinées. Celles de trois femmes et un homme, qui se trouvant à un carrefour de leur vie devront faire face à des choix décisifs concernant leur avenir. Ont-ils vraiment le moyen de choisir ou sont-ils de simples pantins du destin conditionnés par le déterminisme social ?
La guerre, la mort, l'infidélité et même le succès vont venir bouleverser l'univers personnel des différents protagonistes. Déchirés, déstabilisés ou effrayés, en proie à des tourments divers, ces derniers vont se retrouver plongés dans les ténèbres, le temps de refaire surface et de renouer avec le fil interrompu de leur vie... C'est cet entre-deux que nous relate Marie-Laure Hubert Nasser. Cette période de latence où les différents acteurs de ces courtes nouvelles vont mettre leur vie entre parenthèses, se ménageant un temps de réflexion, de repli ou de deuil, étapes indispensables à leur équilibre ou leur survie future !

Malgré la noirceur du thème abordé, j'ai apprécié la lecture de ce recueil de nouvelles chargé de tendresse et d'émotions. Narrées sous la forme d'un monologue intérieur, ces brèves histoires se caractérisent par l'acuité de leur intimité confessionnelle. Sous la plume de l'auteure, les personnages qui se cognent à leurs destins nous livrent leur odyssée intérieure, bouleversés par la puissance de leurs sentiments intimes, s'abandonnant avec la même intensité à leur détresse qu'à leurs espoirs de renouveau. 
Sortis du noir, les personnages de Marie-Laure Hubert Nasser rayonnent par la vivacité de leur lumière !




Merci à Babelio et aux éditions Passiflore

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vendredi 22 septembre 2017

Après le déluge de Joy Castro




















Éditeur : Folio
Parution : 08/04/2016
Traduction : Isabelle Maillet
Nombre de pages : 464 
Genre : littérature américaine

L'auteure :



















Née à Miami en 1967, Joy Castro vit actuellement à Lincoln et enseigne la littérature anglaise à l'université du Nebraska. Après le déluge, son premier roman, a été salué par Dennis Lehane. Elle est également l'auteure de Au plus près (Gallimard, 2016), dans lequel on retrouve la journaliste de choc Nola Céspedes.


Quatrième de couverture : 


Jeune journaliste ambitieuse, Nola rêve du prix Pulitzer mais est confinée aux pages Loisirs d’un quotidien de La Nouvelle-Orléans. Jusqu'au jour où on lui confie un reportage sur les délinquants sexuels libérés au moment de l’ouragan Katrina et qui, depuis, sont toujours dans la nature. Nola décide de rencontrer ces hommes pour connaître leur quotidien et comprendre leur vie. Au même moment des femmes disparaissent en plein jour dans les rues de La Nouvelle-Orléans…


Mon avis : 


« Avril est le mois le plus cruel, d'après Eliot, parce que le printemps révèle les aspirations secrètes en mêlant souvenance et désir.
C'était peut-être vrai dans les deux Angleterres d'Eliot, la vieille et la Nouvelle où la terre gèle, où les hommes s'emmitouflent dans des vêtements de laine.
Mais ici, à la Nouvelle-Orléans, le sol ne durcit jamais. Saturé de chaleur et d'humidité, il bouillonne et se soulève. La végétation est luxuriante toute l'année, les vrilles des plantes grimpantes partent à l'assaut de tous les supports auxquels s'accrocher.
Ici, souvenance et désir sont toujours mêlés et le désir ne s'endort jamais. »


L'intrigue de ce roman se déroule à la Nouvelle-Orléans, quelques années après le passage dévastateur de l'ouragan Katrina qui inonda quatre-vingts pour cent de la ville et fit de nombreuses victimes. 
Nola, journaliste intrépide qui couvre la rubrique Loisirs au Times-Picayune, rêve d'intégrer la section des Informations générales. Son rédacteur en chef va enfin lui donner l'opportunité de rédiger un papier sur un sujet plus sérieux que l'inauguration de la dernière boutique chic de la ville ou l'arrivée d'un dragon de Komodo au Zoo. Ce dernier lui propose d’enquêter sur la réinsertion des anciens délinquants sexuels dans la société. Un sujet non sans risque et un véritable défi que la jeune cubaine au caractère bien trempé espère bien relever, armée de son Beretta et de son fidèle dictaphone Olympus. Dans le même temps, des femmes sont kidnappées dans les lieux publics de la Nouvelle-Orléans et la ville est en ébullition face au danger qui plane dans ses rues...


"Après le délugeest un polar d'atmosphère qui ne manque pas de caractère. Sombre et bouillonnant, il nous entraîne dans les entrailles d'une ville lourde de secrets où les esprits s'échauffent dans la chaleur moite des rues qui vibrent au rythme endiablé du jazz. J'ai aimé les descriptions riches en détails des principaux quartiers de Big Easy, de la gastronomie locale et de l'histoire de la ville. A travers ce roman, l'auteure nous dresse également un portrait social des autochtones et nous parle du clivage entre les résidents privilégiés d'Audubon Place et les habitants du quartier de Metairie dévasté par le passage de l'ouragan Katrina, toujours en attente d'hypothétiques aides du gouvernement.
Riche et dense, ce roman à l'intrigue habilement menée et au style fluide se laisse lire avec beaucoup de plaisir. Si vous cherchez un polar intelligent et dépaysant, "Après le déluge" devrait combler vos attentes !



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lundi 4 septembre 2017

Beaux rivages de Nina Bouraoui




















Éditeur : Le livre de Poche
Parution : 23/08/2017
Nombre de pages : 224
Genre : littérature française

L'auteure : 
















Née à Rennes en 1967 d'un père algérien et d'une mère bretonne, Nina Bouraoui est une écrivaine officier des Arts et des lettres. Elle est l'auteure de 15 romans dont La Voyeuse interdite (prix du Livre Inter 1991), La Vie heureuse (2002), Poupée Bella (2004), Mes mauvaises pensées (Prix Renaudot 2005), Standard (2014) et d'une pièce de théâtre Otages (2015).

Quatrième de couverture :


C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme  : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation.
Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, nous sommes tous égaux devant un grand chagrin d’amour.
Les larmes rassemblent davantage que les baisers.
J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde.
Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur.
Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Et pour rappeler que l’amour triomphera toujours. En cela, c’est un roman de résistance.
N. B.

Une nouvelle preuve du talent éclatant de Nina Bouraoui.  Alexandre Fillon, Lire.

Personne ne décrit comme elle le goût salé du bonheur retrouvé.  Olivia de Lamberterie, Elle.

Mon avis : 

«  Je n'avais pas vu les nuages arriver, notre ciel s'assombrir, sûre que l'horizon serait toujours dégagé, et si un jour il ne l'était plus, j'étais certaine que nous aurions assez de force et surtout assez d'ingénuité pour en chasser les orages. L'amour est ce qu'il y a de plus incertain : sublime dans son envol, hideux quand il se brise sans prévenir. »


Au bout de sept années d'un bonheur qu'elle croyait partagé et sans nuages, Adrien met autant d'empressement à quitter A. qu'il en a mis à la courtiser lors de leur rencontre. Elle n'a rien vu arriver et le choc est brutal quand son compagnon lui annonce sans ménagement et par le biais d'un sms qu'il renonce à  la rejoindre comme à l'ordinaire dans son appartement parisien, éprouvant un soudain et pressant besoin de retrouver sa liberté. Une évidence se fait jour dans l'esprit de la narratrice : Adrien a rencontré quelqu'un d'autre ! 
Mis au pied du mur, ce dernier finit par lui avouer qu'il est épris d'une autre femme et qu'il la quitte. A. va alors mener l'enquête, allant jusqu'à assouvir sa curiosité insatiable par le biais des réseaux sociaux, s'enférant encore plus dans son obsession pour cet amour perdu. Journal de bord d'une cuisante déception amoureuse, le récit de Nina Bouraoui nous immerge dans la taraudante introspection de cette femme qui cherche à mettre à jour les actes qu'elle n'a pas su interpréter, les signes qu'elle a refusé de voir ou les mots qu'elle n'a pas voulu entendre. Dans son esprit embrumé par le déni et la certitude de vivre un amour immuable, elle imagine en vain le moyen de récupérer son bonheur envolé. La descente aux abîmes sera longue avant d'aborder des rivages plus cléments...

"Beaux rivages", roman intimiste abordant les affres et les désillusions d'un chagrin amoureux, est à la fois intemporel et dans l'air du temps. Narré à la premier personne, ce récit retrace les différentes étapes d'un chagrin d'amour vécu en direct : la douleur ressentie, l'amertume, les ruminations intérieures et le pénible cheminement menant à la reconstruction et à la "guérison"... J'ai apprécié la lecture de ce texte à la fois profond et léger, poétique et réaliste, et qui sonne avec beaucoup de justesse. Percutants et riches en mots qui claquent, les écrits de cette auteure ne manquent pas de sel. Le thème universel des amours déçus est traité sans pathos excessif, avec beaucoup de sensibilité et un zeste d'ironie qui nous évite de frôler l'indigestion de sentiments mélodramatiques. Voilà un récit qui devrait aider les chats échaudés à apprivoiser l'eau froide avant de retrouver la douce chaleur du bonheur ronronnant retrouvé. Car oui, n'en doutez plus, comme nous le rappelle si justement Nina Bouraoui à travers cette autopsie fouillée d'une rupture, la vie continue après une déception sentimentale !



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dimanche 6 août 2017

Le cercle de Dave Eggers




















Éditeur : Folio
Parution : 08/06/2017
Nombre de pages : 576
Genre : dystopie

L'auteur : 
















Né en 1970 à Boston dans le Massachusetts, Dave Eggers est romancier et nouvelliste. Dans l'enseignement, il vit entre Chicago et San Francisco. Après des études à l'université de l'Illinois, il fonde en 1998, à San Francisco, la McSweeney's, une maison d'édition indépendante qui publie, outre des livres, une revue du même nom. Aujourd'hui considéré comme l'un des protagonistes les plus importants du renouveau de la littérature américaine, ses principaux livres sont édités aux éditions Gallimard. Il est l'auteur de "Une œuvre déchirante d'un génie renversant" (2001), "Suive qui peut" (2003), "Pourquoi nous avons faim" (2007), "Zeitoun" (2012) et "Un hologramme pour le roi" (2014). "Le grand Quoi" (2009) a été récompensé par le prix Médicis étranger 2009, à l'unanimité.

Quatrième de couverture :

Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n’en revient pas. Ce géant d’Internet relie e-mails, réseaux sociaux et transactions bancaires dans un système universel, clé de voûte d’une société numérique prônant la civilité et la transparence. Mae se passionne pour son nouveau travail - même s’il l’absorbe entièrement, l’éloignant de ses proches, et même si elle s’expose aux yeux du monde en participant au dernier projet du Cercle, une avancée technologique aussi considérable qu’inquiétante… Ce qui ressemble d'abord au portrait d’une femme ambitieuse devient rapidement un roman au suspense haletant, qui étudie les liens entre vie privée et addiction aux réseaux sociaux, et interroge les limites de la connaissance.

Mon avis :

« LES SECRETS SONT DES MENSONGES
PARTAGER, C'EST AIMER
GARDER POUR SOI, C'EST VOLER »

Qu'est-ce que Le Cercle ? Au départ, une start-up innovante spécialisée dans les nouvelles technologies et destinée à faciliter les échanges virtuels et le marchandage en ligne, grâce à un compte client unique et personnalisé qui regroupe les informations personnelles et bancaires de chacun de ses membres. Recommandée par sa meilleure amie, Mae Holland est embauchée au pôle "Expérience client" de cette entreprise qui prône le PPT : Passion, Participation et Transparence. Volontaire et bosseuse, la jeune diplômée assimile très vite les codes de l'entreprise et devient l'un des membres les plus actifs des "Vendredi du rêve", cénacle où chaque participant est convié à présenter un projet novateur, destiné à améliorer le bien-être et/où la sécurité des membres de la communauté. Les propositions affluent, toujours plus audacieuses et intrusives quand à la vie privée des adhérents du réseau... 

Avec Le Cercle, Dave Eggers nous propose une dystopie fouillée et très crédible sur le thème d'un futur proche dominé par un puissant réseau social qui régnerait en maître sur nos destinées, l'auteur s'interrogeant intelligemment sur les dérives qui pourraient en découler. Captivée par la lecture du livre, je le fus moins par le visionnage du film qui nous livre une version beaucoup trop aseptisée du bouquin dont la plupart des audaces ont été gommées ! 
Jusqu'où peut-on aller au nom de la transparence sans renoncer à nos libertés ? Que seraient nos vie si le partage devait s’étendre jusqu'au moindre de nos actes, si penser individuellement était désormais considéré comme un acte d’égoïsme, et si renoncer à notre intimité était assimilé à un acte de civilité ? 
Attention à la toute-puissance du Cercle, la complétude n'est pas forcément là où on l'attend ! 


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samedi 15 juillet 2017

Le monde en stop de Ludovic Hubler


Éditeur : Pocket
Parution : 28/04/2016
Nombre de pages : 576
Genre : document

L'auteur : 
















Né en 1977, Ludovic Hubler est diplômé de l'école de commerce de Strasbourg. Après ses études, il décide de réaliser le tour du monde en utilisant uniquement le stop sous toutes ses formes pour se déplacer. Il raconte son incroyable expérience dans Le Monde en stop : cinq années à l'école de la vie (Géorama, 2009), lauréat du prix Pierre Loti, il est désormais entrepreneur social et conférencier. Il est possible de suivre l'actualité de l'auteur sur son site : http://www.ludovichubler.com/

Quatrième de couverture : 


Le 1er janvier 2003, à l'âge de 25 ans, son diplôme en poche, Ludovic Hubler se lance dans un " tour des hommes ". Il veut découvrir le monde avant de s'engager dans la vie professionnelle. Son aventure va durer cinq ans. 

170 000 kilomètres parcourus, 59 pays traversés et plus de 1 300 conducteurs pour réaliser un périple à la seule force de son pouce. Du " voilier-stop " pour traverser les océans, du " brise-glace-stop " pour se rendre en Antarctique, du " dromadaire-stop " en plein cœur du Sahara. Des rencontres aussi nombreuses que variées, notamment celle avec le Dalaï-Lama, mais aussi celles de milliers d'étudiants lors des nombreuses conférences données en cours de route. 

Un voyage d'une richesse incroyable, une aventure humaine extraordinaire sur laquelle souffle un vent de liberté qui fait rêver. 

Mon avis : 

La sagesse populaire dit que les voyages forment la jeunesse. Ludovic Hubler a repris ce vieil adage au pied de la lettre. Enfin presque, car le moyen de locomotion que ce jeune diplômé a employé pour réaliser son rêve d'enfance est un peu particulier. Tel Jack Kerouac, célèbre pouceux en son temps, ce dernier a décidé de recourir à l'auto-stop pour partir à la découverte de notre belle planète. Son périple qui devait durer deux ans va en prendre cinq. Le globe-stoppeur décidera en chemin de s'arrêter plus longtemps que prévu dans certains pays comme les États-Unis, le Canada et l'Inde, posant son sac à dos pour donner des conférences dans les universités ou apporter son aide dans le domaine humanitaire. La méconnaissance des traditions ou la barrière de la langue auraient pu être de sérieux obstacles pour poursuivre cette odyssée dans certaines contrées reculées ou réputées dangereuses. Le téméraire voyageur qu'est Ludovic Hubler les contournera avec habileté, grâce à sa simplicité, son humour et son respect des us et coutumes des autochtones rencontrés, lui permettant même de se fondre "tel un caméléon" au milieu des peuples, et d'être facilement adopté.

Digne héritier d'André Brugiroux, Ludovic Hubler nous livre un témoignage vivifiant, humain et enrichissant. Pari réussi pour l'auteur, qui nous permet l'évasion à chaque page tournée. Narré dans un style simple mais efficace, ce récit de voyage teinté d'humanité, riche en aventures et en anecdotes, est une vraie pépite du genre. J'ai eu l'impression de cheminer au côté de ce touriste au long cours et de partager l'épopée riche en surprises et rebondissements de ce globe-stoppeur toujours respectueux d'autrui et de la nature.
Vous rêvez de voyager sans bouger de votre canapé ou d'avoir un avant-goût de votre futur périple ? Ce tour du monde en stop devrait combler votre désir d'arpenter les grands espaces sans lever un orteil !




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dimanche 25 juin 2017

Manet, Le secret de Sophie Chauveau




















Éditeur : Folio
Parution : 24/03/2016
Nombre de pages : 487
Genre : biographie

L'auteure : 












Née le 30 janvier 1953, Sophie Chauveau est écrivaine, journaliste et metteur en scène. Elle est l'auteure de romans, dont Les belles menteuses et Mémoires d'Hélène, d'essais comme Débandade ou Éloge de l'amour au temps du sida, et d'une monographie sur l'art comme langage de l'amour. Elle s'est documentée durant quatre ans pour écrire La passion Lippi, premier volet d'une trilogie qu'elle a poursuivie avec Le rêve Botticelli et L'obsession Vinci sur le siècle de Florence. Avec Diderot, le génie débraillé, elle s'est penchée sur le siècle des Lumières et des encyclopédistes, et a poussé son enquête du XVIIIe siècle avec Fragonard, l'invention du bonheur. Noces de Charbon, prix Paul-Féval de la Société des Gens de Lettres 2014, a paru en 2013. Manet, le secret revient sur la vie de l'auteur du Déjeuner sur l'herbe dans un Paris bouleversé par la guerre de 1870 et la frénésie haussmannienne.

Quatrième de couverture : 

« Chaque époque est dotée par le ciel d'un artiste chargé de saisir la vie de son temps et d'en transmettre l'image aux époques suivantes. C'est toujours des pierres dont on a lapidé l'homme, qu'est fait le piédestal de sa statue. » Le scandale est inouï, inconcevable aujourd'hui, quand Edouard Manet présente enfin un tableau, Le Bain, au Salon des "Refusés" en 1863 aux Champs-Elysées. Il entraîne à sa suite Monet, Renoir, Degas, Pissarro, et tous ceux qu'on appellera bientôt les impressionnistes. Sophie Chauveau nous invite à rencontrer l'homme derrière le peintre, et nous plonge dans un Paris bouleversé par la guerre de 1870 et la frénésie haussmannienne.

Mon avis : 

Mais qui était Edouard Manet ? Celui que l'on nomme le chef de fil des impressionnistes et le père de la peinture moderne était un homme à part, un original qui voulait à tout prix se démarquer de son père, Auguste Manet. Ce dernier, haut fonctionnaire rigide, souhaitait faire de son cancre de fils le maire de Gennevilliers, tout comme lui et ses ancêtres, héritiers de cette noble fonction depuis huit générations. Edouard va se rebeller et dit NON. Il refuse d'étudier le droit. Il VEUT être peintre ! La punition est terrible mais rien n'y fait. Pas même un rude stage en mer, dont se souviendra toute sa vie l'apprenti marin qui manque de mourir et de perdre un pied après la morsure d'un crotale. L'enfant prodigue de retour, le père cède enfin aux volontés artistiques de sa progéniture : peintre il veut être, peintre il sera. Mais pas sans peine. Dandy-artiste, croqueur de femmes et recherchant la reconnaissance du "Salon", il essuiera de nombreux camouflets avant d'être reconnu pour son talent d'avant-gardiste. Fidèle en amitié, ce dernier sera soutenu par ses amis peintres et poètes : Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Monet, Renoir, Degas, Pissaro...

Grand coup de cœur pour cette biographie de Sophie Chauveau, qui érudite sans être pédante, nous balade dans le Paris des peintres phares du XIXème siècle. Un monde de représentation pictural entièrement nouveau, bien loin de la peinture académique et codifiée qui régissait le domaine de la peinture à cette époque !
Les anecdotes sont croustillantes sans tomber dans le graveleux et l'auteure, de sa plume réjouissante, nous immerge dans un Paris frétillant de verve poétique, rhabillé de neuf par le baron Haussmann. 
Entre sourire, cocasserie et émerveillement, voilà un récit de vie passionnant !


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