Le livre, un outil de liberté ?

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dimanche 15 avril 2018

Rendez-vous à Orcival de Simone Chanet-Munsch



















Éditeur : Editions Charoumu
Parution : 07/11/2014
Nombre de pages : 424
Genre : roman à suspense

L'auteure :

Simone Chanet-Munsch est née en juin 1946 à Chamalières. Elle a fait la plus grande partie de ses études à Clermont-Ferrand au lycée Jeanne d’Arc avant de devenir professeur de mathématiques. Elle a enseigné pendant huit ans au lycée Simone Weil du Puy en Velay puis durant vingt-trois ans à Marseille. Après trente et un ans passés en Provence, essentiellement à Aubagne, Simone Chanet-Munsch revient en Auvergne. Elle est installée à Chamalières depuis septembre 2009. Elle est aussi l'auteur de "Le défi à d'Osiris" (2010), "La forteresse de désert" (2010), "Deux âmes en détresse (2011), L'orphelin du lac" (2012), " Huit clos au manoir des soupirs" (2015) et de la trilogie la "Fédération de Planètes Solidaires", tous parus aux éditions Charoumu.

Quatrième de couverture : 

"Un billet de train pour La Miouze-Rochefort, l'adresse d'une pension de famille à Orcival... C'est comme si un voile se déchirait devant mes yeux : Luc, mon grand-père, est retourné dans le village de son enfance avant de mourir... Ma mère aussi est allée à Orcival après avoir récupéré l'enveloppe léguée par son père. Que lui confiait-il dans son dernier message ? Que cherchaient-ils tous deux à Orcival ? Je compare les dates. C'est probablement dans ce village que Viviane a connu mon géniteur dont j'ignore tout... Un homme marié, ou le séducteur d'un soir en quête d'un plaisir sans lendemain ? Vit-il toujours à Orcival ? Quelqu'un là-bas sait-il ce qu'il s'est passé ensuite ? A travers les papiers chiffonnés trouvés dans la doublure de son imperméable, ma mère ne me donne-t-elle pas à son tour un rendez-vous posthume au village où les destins familiaux ont basculé ?" En arrivant à Orcival deux semaines plus tard, Caroline craignait surtout de ne rien y apprendre d'important. Quant à un éventuel danger, pourquoi y en aurait-il à tenter d'élucider les mystères du passé, vingt-quatre ans après sa mère ? De fait, le danger ne se présenterait pas sous la forme où elle aurait pu l'attendre.

Mon avis :

« - Moi je pense qu'il y a un souterrain au fond du puits, ou un passage secret, une entrée de galerie dans la paroi...
- Tu imagines partout des cachettes de trésor ! C'est un peu ma faute, je n'aurais pas dû vous raconter les histoires favorites de mon grand-père.
- Mais, Monsieur, s'agit-il d'histoires vraies ou de légendes ?
- Ah, voilà une question intéressante ! »

1949. Bois des Bourelles, commune d'Orcival. Deux adolescents rêveurs, passionnés par les histoires de pirates, partent en exploration à la recherche d'un  hypothétique trésor caché aux abords d'un château  abandonné... à mille lieues de se douter du tragique destin qui les attend quelques années plus tard !
1968. Le Mont-Dore. Un homme à l'identité inconnue meurt en passant sous un train. Les enquêteurs accréditent la thèse du suicide... 
1985. Aubagne. Une jeune femme très amaigrie et en état de grossesse avancée est retrouvée inanimée dans un train de marchandises. Elle met au monde une petite fille avant de décéder des suites de son accouchement. De quel enfer sort-elle ? Que lui est-il arrivé ?
2008. Aubagne. Caroline Pinet enterre la merveilleuse grand-mère qui l'a élevée suite au décès tragique de sa mère. Un deuil éprouvant qui donne envie à la jeune femme de partir sur les traces de sa génitrice trop tôt disparue et découvrir ce qui lui est arrivé. Une quête qui va l'amener à se rendre dans un petit village auvergnat : Orcival !
Mais, n'est-il pas risqué de remuer ainsi le passé ? Caroline découvrira-t-elle enfin la vérité et en ressortira-t-elle indemne ? 

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la plume savoureuse de Simone Chanet-Munsch avec ce thriller champêtre teinté de mystère et d'aventures. Énigmatiques, attachants ou détestables, les protagonistes de ce roman baladent le lecteur dans une intrigue habilement tricotée, riche en péripéties et en retournements de situation, au cœur d'un village de caractère à la superbe basilique romane, niché dans une nature sauvage dominée par ses bois touffus et ses sentiers escarpés. De l'incontournable café du bourg (poumon du commérage local) aux chambres d'hôtes et fêtes de village, ce récit vous plongera dans l'univers typique et coloré de  rusés et imprévisibles montagnards auvergnats. 
Si vous aimez les romans à suspense se déroulant dans un cadre dépaysant et riche en verdure, "Rendez-vous à Orcival" devrait vous procurer une délectable évasion livresque !



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dimanche 8 avril 2018

Les ombres de Glozel




















Éditeur : De Borée (collection Marge noire)
Parution : 15/03/2018
Nombre de pages : 277
Genre : policier

L'auteur :




















Robert de Rosa a terminé sa carrière d'enseignant comme Conseiller pédagogique pour les arts plastiques. Parallèlement il a mené une activité artistique (peinture, gravure et surtout émaux sur cuivre) réalisant quelques commandes publiques et recevant quelques récompenses. Il a été rédacteur en chef de la revue Points de Vue Initiatiques dont il a dirigé la rédaction de 2012 à 2017. Outre des publications pédagogiques et un essai, Les Ombres de Glozel est son deuxième roman paru aux Editions De Borée.

Quatrième de couverture :

Juillet 1989. Les deux inspecteurs Des Cartes et Spinoza occupent leur temps entre les chats et le défilé du bicentenaire. Un vol a été commis dans le petit musée de Glozel : trois objets dont une tablette à écriture. Le déplacement aurait pu ressembler à une promenade touristique, d’autant qu’Émile Fradin est très volubile sur l’histoire de ses découvertes... sauf que l’on découvre dans les ruines du château de Montgilbert le cadavre nu d’une jeune fille, accompagné d’un des objets volés. L’autopsie révèle qu’elle est enceinte de quelques semaines...

Mon avis :

« Comme une inquiétude qui ne dit pas son nom et vous saisit sournoisement par derrière... L'impression que les lieux jaugeaient les visiteurs. Spinoza revit la reproduction d'un dessin de Jérôme Bosch qui ornait un de ses livres de botanique : La forêt qui entend et le champ qui voit. Il en sentit toute la vérité : des yeux dans la terre, des oreilles dans les arbres... »

Entre les fêtes du  bicentenaire de la révolution française et les congés d'été, les effectifs du commissariat de Vichy sont fortement réduits en ce mois de juillet caniculaire de l'année 1989. Quand des vestiges préhistoriques sont dérobés au musée de Glozel dans l'Allier, les bourbonnais font appel à leurs collègues clermontois pour enquêter sur ce vol. Une affaire simple qui va bientôt se corser quand on découvre le cadavre dénudé d'une jeune fille dans les ruines d'un château situé à proximité du site archéologique... ainsi que l'une des tablettes dérobées disposée en évidence à proximité du corps ! 
Diligentés pour faire la lumière sur ce crime barbare, les inspecteurs Des Cartes et Spinoza entrent en scène. Un improbable duo dont l'esprit cartésien de l'un allié aux considérations philosophiques de l'autre font de ce binôme une paire de limiers d'une redoutable efficacité. Des ressources qui seront les bienvenues pour faire la lumière sur cette ténébreuse affaire. Bientôt, les événements dramatiques vont s'enchaîner et le mystère s'épaissir au fil d'une investigation qui va donner beaucoup de fil à retordre aux deux policiers pourtant aguerris
Quel lien relie la Roumanie au site de Glozel Quels secrets bien gardés se cachent derrière les volets clos des paysans taiseux ? Le crime serait-il lié à une cérémonie païenne qui aurait dégénéré ?...

S'inspirant du controversé site de Glozel qui divisa une partie de la communauté scientifique, l'auteur nous livre un récit crédible émaillé de fausses pistes et coups de théâtre. Alliant découvertes archéologiques, rites liés à l'occultisme et aux forces invisibles de la nature et magouilles financières, ce polar ésotérique nous entraîne dans une enquête riche en rebondissements au suspense savamment dosé. De plus, les personnages attachants et l'humour omniprésent viennent pimenter ce roman à l'intrigue originale. 
Attention à ne pas pas vous laisser endormir par les charmes bucoliques de la campagne... cette dernière recelant de redoutables mystères et chausse-trappes !


Merci aux éditions De Borée

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lundi 2 avril 2018

Ring est d'Isabelle Corlier




















Éditeur : Ker éditions
Parution : 21/02/2018
Nombre de pages : 277
Genre : policier

L'auteure :




















Isabelle Corlier est née à Namur en 1977 et vit depuis plus de vingt ans à Bruxelles. Elle nourrit une tendresse particulière pour le ciel plombé, les pavés mouillés, le peuple bigarré et la langue bizarre de son pays natal. L'auteure a remporté le Prix Fintro-Écritures Noires en 2017 avec ce premier roman.

Quatrième de couverture : 

Et s'il était possible d'être à 
la fois juge et partie ?


                       Le corps d'un homme battu à mort 
                              est découvert sur une aire de parking, 
                              non loin du Ring de Bruxelles. 

                              Aubry Dabancourt, juge d'instruction, 
                              est chargé de l'enquête.

                             Une aubaine pour le magistrat 
                             qui compte bien tout faire pour que le mort 
                             emporte son secret dans la tombe.

Mon avis : 

« Pauvre con. L'insulte roulait dans sa tête et ricochait d'une image à l'autre, l'entraînant au plus profond de ses cauchemars : le reflet de la lune sur l'acier, le sang, la pluie indifférente qui nettoyait tout et sa rage qui le poussait à frapper, frapper, frapper, jusqu'à ce que ses muscles hurlent de douleur. »

Juge intègre, Aubry Dabancourt va commettre l'irréparable un soir de pluie et passer dans le camp de ces assassins qu'il s'acharne à confondre dans un souci de justice. Veuf et père d'un bébé, le magistrat jongle entre son travail et la garde de sa fille Lily. Après une journée éprouvante, le magistrat épuisé qui rentre chez lui (après un détour par la crèche pour récupérer son enfant) va croiser la route d'un automobiliste en BMW qui roule excessivement vite et manque de les percuter. Évitant de justesse la sortie de route, le juge débordant de rage rattrape le chauffard qui s'est arrêté sur une aire de stationnement, bien décidé à s'expliquer. Malheureusement, la confrontation tourne au drame et Aubry Dabancourt dopé par l'adrénaline le tue. 
Chargé de l'enquête, le magistrat doit faire la lumière sur ce dossier sanglant avec l'aide de Zakaria, jeune recrue fraîchement émoulue de l'école de police qui fait ses premières armes au Service Local d'Enquêtes et Recherches.
Qui du juge salué pour son exemplarité ou du policier inexpérimenté mais opiniâtre gagnera la partie ? Le crime parfait existe-t'il ?

Dans ce polar bruxellois dont l'assassin est identifié dès les premières pages, l’intérêt de l'intrigue réside principalement dans la partie d'échecs qui va se jouer entre les deux protagonistes principaux. Deux hommes déterminés qui vont se livrer un combat acharné, l'un pour cacher son crime et l'autre pour le résoudre. Avec maîtrise et habileté, l'auteure nous livre un récit réaliste et une réflexion intéressante sur le passage à l'acte criminel et la psychologie d'un meurtrier. Ce polar urbain aborde également en arrière plan les difficultés d'assimilation culturelle et les conflits identitaires que peuvent rencontrer des individus tiraillés entre deux cultures. Enfin, cerise sur le gâteau, les amoureux de la "Washington d’Europe" pourront se régaler de la balade dans la capitale belge et savourer les termes en patois bruxellois qui émaillent le roman. 
"Ring est" est un polar percutant où personne n'est à l'abri d'un mauvais coup à l'issue fatale !


Merci à Babelio et à Ker éditions
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samedi 24 mars 2018

Boréal de Sonja Delzongle

Éditeur : Denoël 
Parution : 08/03/2018
Nombre de pages : 448
Genre : thriller

L'auteure : 


Née en 1967 d'un père français et d'une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal afro-asiatique et la tenue d'un bar de nuit) et écriture. Elle partage aujourd'hui sa vie entre Lyon et la Drôme.
Elle est l'auteure de plusieurs romans policiers dont "Dust" (2015), "Quand la neige danse" (2016) et "Récidive" (2017).

Quatrième de couverture : 

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C'est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d'eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l'origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s'immerger dans le travail, Luv s'envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

Mon avis :

« Comment serait le paysage, ici, en plein jour ? se demande-t-il, tandis que ses chaussures épaisses s’enfoncent sous son poids. Certainement grandiose. Des géants de glace découpant l’horizon, une étendue scintillante à perte de vue, un relief brisé, éclaté, des arêtes, des saillies bleutées de part en part. Un monde immaculé, fissuré, cassé. Un grand silence blanc dans lequel il n’est qu’un grain de sable, une poussière. Tout ça enseveli dans les ténèbres polaires. »

Au cœur de l'hiver groenlandais, huit scientifiques ont été missionnés pour étudier les conséquences du réchauffement climatique. Ces femmes et ces hommes, dont la plupart ont un caractère bien trempé, vont devoir cohabiter et s’accommoder de leurs inimités pour mener à bien ce qu'ils considèrent comme une mission de routine. Mais, ce qu'ils sont loin d'imaginer, c'est que dans la nuit polaire et l'immense désert de glace qui les entoure rôde de multiples périls. Lorsqu'ils découvrent un cimetière glacé de bœufs musqués morts dans des circonstances pour le moins étranges, les scientifiques ne se doutent pas qu'ils ont ouvert la boîte de Pandore. Bientôt rejointe par Luv, une biologiste spécialisée dans l'étude des hécatombes animales inexpliquées et jeune maman au passé compliqué et douloureux, l'équipe va devoir faire face à des événements inquiétants et mener une lutte acharnée contre un ennemi invisible et redoutable tapi dans l'obscurité polaire. 
A qui se fier et comment rester en vie dans un environnement inconnu  et inadapté à la survie de l'homme ? 
Les membres de l'équipe pourront-ils seulement ressortir vivants des multiples pièges que leur tend cette nature âpre et hostile ? 

Qu'elle nous fasse suer d'épouvante sous la chaleur accablante des terres arides de l'Afrique (avec "Dust") ou frissonner dans l'univers glaçant et inhospitalier du nord du Groenland, Sonja Delzongle puise son inspiration dans nos tabous et nos peurs les plus primales. Délaissant son héroïne récurrente Hanah Baxter, l'auteure nous livre un thriller terrifiant et diablement crédible mêlant problèmes liés à la maternité, difficultés rencontrées par les minorités ethno-culturelles et écologie. Loin de tout manichéisme, ce roman dérangeant soulève beaucoup de questions sur des sujets qui fâchent et interpellent nos consciences d'hommes qui se considèrent (à tort ou à raison) comme civilisés. Intelligent, intense et riche en rebondissements, "Boréal" est le thriller le plus captivant que j'ai pu lire en ce début d'année 2018.
Voilà un polar aussi glaçant qu'exaltant à savourer bien au chaud sous sa couette !


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dimanche 18 mars 2018

La chatte de Colette

Éditeur : Le livre de Poche
Parution : 20/01/2004
Nombre de pages : 159
Genre : littérature française

L'auteure : 

Née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye dans l'Yonne et décédée le 3 août 1954 à Paris, Sidonie Gabrielle Colette fut romancière, actrice, mime et journaliste. Deuxième femme élue membre de l’académie Goncourt en 1945, elle en assurera la présidence de 1949 à 1954. Elle est l'auteure de nombreux romans dont la série des "Claudine", "Sido", "Le blé en herbe"...

Quatrième de couverture : 

Lorsque débute leur vie commune, Alain et Camille sont deux amis d'enfance que tout en apparence rapproche mais que leurs secrètes rêveries divisent. " Mon mariage, reconnaît Alain, contente tout le monde et Camille, et il y a des moments où à me contente aussi, mais... " Ce qu'Alain aime en Camille, c'est une beauté idéalisée faite d'immobilité et de silence. Aussi est-il déconcerté par son exubérance. Comme l'arrivée d'une saison nouvelle, la découverte de leur intime division le met à la merci d'autres rêves. Et c'est alors que le drame se noue. La chatte Saha sera désormais pour Alain la chimère sublime qui domine sa vie et pour Camille la rivale détestée contre laquelle aucun procédé n'est trop brutal.

Mon avis : 

« Déjà elle embaumait la menthe, le géranium et le buis. Il la tenait confiante et périssable, promise à dix ans de vie peut-être, et il souffrait en pensant à la brièveté d'un si grand amour.
- Après toi je serai sans doute à qui voudra... A une femme, à des femmes. Mais jamais à un autre chat. »

Alain vénère Saha, une chatte de la race des chartreux qui partage son cœur et son jardin de verdure. Il passe son temps à la cajoler et à s'extasier sur sa majestueuse beauté. Rien n'est trop beau ni trop bon pour cet animal qu'il gâte outrageusement. Un comportement qui n'est pas du goût de Camille, la jeune fille qu'il vient d'épouser. Si cette dernière est follement éprise de son jeune mari, Alain  lui préfère de loin sa tendre et silencieuse Saha. Le jeune homme de 24 ans, oisif et très infantile, voit avec effroi son univers douillet se fissurer par la présence bien trop envahissante de cette jeune femme épousée suite à un arrangement entre familles du même milieu social. Un bancal ménage à trois va se mettre en place, la chatte prenant de plus en plus de place dans cette union boiteuse qui ne tient qu'à un fil. Camille va prendre en grippe sa féline rivale et tenter de l'écarter de son chemin par tous les moyens. 
Qui remportera la mise ? La femme amoureuse ou la chatte ?

C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve la plume poétique et inimitable de Colette dont j'ai dévoré les écrits quand j'étais adolescente. Cruel et délectable à la fois, ce court roman qui nous raconte l'histoire d'une passion exclusive et dévorante entre un homme et son félin n'a rien perdu de sa justesse et de son originalité. Avec une grande subtilité, l'auteure dissèque à la perfection les affres de la jalousie et les liens étroits et privilégiés que peuvent entretenir un animal et son maître. Voilà un récit dérangeant (car comment l'être humain qui croit en sa suprématie pourrait-il songer ne serait-ce qu'un instant d'être détrôné par une bête ?) mais ô combien réaliste !



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samedi 17 mars 2018

Les filles des docks de Marina Dupré




















Éditeur : Marina Dupré
Format : ebook
Parution : 01/03/2018
Nombre de pages : 284
Genre : thriller

L'auteure :

En raison de recherches infructueuses sur le net, je n'ai pas la possibilité de renseigner la biographie de Marina Dupré dont j'ai téléchargé gratuitement le livre sur Amazon.

Quatrième de couverture :

Thalie, jeune bachelière, arrive au Havre pour suivre ses études. Au cours d'une soirée étudiante, elle rencontre Clément, un jeune homme un peu mystérieux dont l'entourage de Thalie se méfie. En même temps, la meilleure amie de Thalie se retrouve hospitalisée pour une tentative de suicide... Mais des éléments ne collent pas. Audrey ne cesse de dire qu'elle a été violée et qu'elle n'a jamais tenté de se tuer. De son côté, Clément change radicalement d'attitude et Thalie se retrouve partagée entre son cœur et sa raison.

Mon avis :

« Mon cœur cognait dans ma poitrine. Des images de cette soirée cauchemardesque me revenaient par flash, me déstabilisant. »

Jolie blonde complexée car un peu boulotte, Thalie rentre en première année d'IUT au Havre avec quelques appréhensions. C'est la première fois qu'elle quitte le giron familial pour emménager seule dans un studio. Alors, malgré la proximité de ses amies qui louent une chambre universitaire au CROUS, elle redoute un peu cette épreuve. Pour la détendre, son audacieuse copine Audrey lui propose de participer à la première soirée étudiante de la rentrée. Accompagnées de quelques amies, les jeunes femmes se rendent dans la boîte branchée qui organise l’événement. Si Thalie a le coup de foudre pour un bel étudiant en licence, la soirée tourne bientôt au drame quand son amie déclare avoir été violentée par un copain de ce dernier... Et le lecteur lui non plus ne sera pas au bout de ses surprises, car si cette histoire démarre sur une belle romance, la suite des événements va se montrer beaucoup plus dramatique !

Roman choral donnant tour à tour la parole aux deux protagonistes principaux (Thalie et son boyfriend Clément), "Les filles des docks" nous entraîne dans un univers à mille lieux des Bisounours. On découvre petit à petit de bien vilains secrets et l'on assiste impuissant à la mise en place inéluctable du drame final !
A travers ce thriller qui fait froid dans le dos, l'auteure aborde des problématiques d'actualité comme les troubles alimentaires, la drogue du viol ou la présence de plus en plus phagocytante des réseaux sociaux dans nos vies.
Malgré quelques coquilles et invraisemblances dans le texte, je n'en ai pas moins passé un agréable moment de lecture. Les personnages sont dépeints avec réalisme et l'on arrive à ressentir leurs émotions, l'écriture est plaisante et l'intrigue relativement originale et distrayante. 
Si vous aimez frissonner avec des thrillers privilégiant le suspense plutôt que l'action, ce livre devrait vous faire passer un bon moment (en toute simplicité et sans prise de tête) !



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samedi 10 mars 2018

La femme à la fenêtre d'A. J. Finn




















Éditeur : Presses de la cité
Traduction : Isabelle Maillet
Parution : 08/02/2018
Nombre de pages : 528
Genre : thriller

L'auteur :















Né à New York, A. J. Finn est journaliste et auteur. Il a vécu dix ans en Angleterre avant de retourner aux Etats-Unis. L'auteur a collaboré à plusieurs journaux et magazines parmi lesquels le Los Angeles Times, le Washington Post et le supplément littéraire du Times (UK). 
Avec son premier roman "La femme à la fenêtre", il a fait une entrée fracassante dans le monde du thriller. Vendu à plus de trente-huit pays en un temps record, ce thriller s'annonce comme le phénomène éditorial de 2018. La Fox est déjà en train de l'adapter pour le grand écran.

Quatrième de couverture : 

Elle a tout vu, mais faut-il la croire ?
Séparée de son mari et de leur fille, Anna vit recluse dans sa maison de Harlem, abreuvée de merlot, de bêtabloquants et de vieux polars en noir et blanc. Quand elle ne joue pas aux échecs sur internet, elle espionne ses voisins. Surtout la famille Russell – un père, une mère et un adorable ado –, qui vient d'emménager en face. Un soir, Anna est témoin d'un crime. Mais comment convaincre la police quand on doute soi-même de sa raison ? 

" La Femme à la fenêtre appartient à ce type de livres singulier qu'il est impossible de lâcher. " Stephen King 

" Stupéfiant. Palpitant. Finn nous offre un thriller digne de ce nouveau millénaire. " Gillian Flynn 

" 10/10 sur l'échelle du twist ! " Val McDermid 

" Une oeuvre sombre au dénouement époustouflant. " Ruth Ware

Mon avis : 

« Retour au 212, où Rita et l'artisan sont en train de se dévêtir en toute hâte. Je pourrais appeler les Renseignements, téléphoner chez elle et la prévenir... Je ne le ferai pas. Observer les autres, c'est comme tourner un documentaire animalier : on ne se mêle pas de la vie des bêtes. »


Pédopsychiatre de renom, Anna a cessé d'exercer depuis un an suite à un événement dramatique qui a ravagé son existence. Depuis, cette dernière vit comme un zombie. Retranchée derrière ses fenêtres, elle passe la plupart de son temps dans l'obscurité, épiant ses voisins à l'aide de ses jumelles. Devenue agoraphobe, il lui est impossible de quitter sa demeure et n'a d'échanges avec l'extérieur que par le biais des réseaux sociaux et d'un forum d'aide aux personnes souffrant des mêmes troubles qu'elle auxquels elle dispense des conseils de survie. Malgré les visites hebdomadaires de son psychiatre et de sa kinésithérapeute, cette dernière se trouve dans une situation d'isolement extrême. Alors, pour pimenter un peu sa vie, elle joue les espionnes. Un jeu dangereux qui va finir par se retourner contre elle. Certaine d'avoir assisté à l'assassinat d'une de ses nouvelles voisines, Anna affolée appelle le 911. Mais qui croirait cette femme à l'esprit perturbé et embrumé par l'abus de Merlot et de médicaments ? Certainement pas la police, d'autant plus que ses voisins nient farouchement leur participation à un meurtre  dont il ne reste nulle trace suspecte à leur domicile.
Anna a-t-elle réellement assisté à cet assassinat ou bien a-t-elle tout imaginé ?

Si vous avez aimé "La fille du train" et "La fille d'avant", vous allez certainement apprécier la lecture de "La femme à la fenêtre".
Prenez  une recette qui a déjà fait ses preuves : une femme isolée et fragilisée psychologiquement qui abuse de l'alcool ou des neuroleptiques et qui se retrouve la proie d'un dangereux manipulateur pervers contre lequel elle doit lutter, vous aurez alors une idée du type d'intrigue dont il est question dans cet inquiétant thriller. 
Petit bonus, les cinéphiles apprécieront les nombreux clins d’œil au 7ème art, notamment aux classiques du suspense en noir et blanc.
Si ce thriller psychologique n'a rien de vraiment novateur, il m'a cependant tenue en haleine jusqu'à la dernière ligne et fait passer un savoureux moment de lecture. Alors, si vous aussi vous aimez ce genre d'intrigue à la sauce hitchcockienne, ne boudez pas votre plaisir !



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